Pourriture brune Monilinia cerises fruits à noyau

En bref...

  • La pourriture brune, causée par le champignon Monilinia fructicola, est l’une des menaces les plus graves pour la production de fruits à noyau au Canada. Elle provoque la pourriture des fruits sur les arbres, après la récolte et pendant l’entreposage, pouvant entraîner la perte de récoltes entières.
  • La maladie se développe pendant les périodes prolongées de temps humide et de températures chaudes (20 à 25 °C), le risque d’infection étant le plus élevé à partir de l’éclatement des collerettes jusqu’au durcissement du noyau, puis à nouveau lorsque les fruits commencent à changer de couleur.
  • Une gestion efficace nécessite une approche intégrée combinant des pratiques culturales (élimination des fruits momifiés, élagage des rameaux infectés, refroidissement rapide après la récolte) avec une rotation stratégique de fongicides appartenant à différents groupes chimiques, afin de prévenir l’apparition de résistances et de protéger la qualité des fruits destinés aux marchés d’exportation.


La culture de fruits sains, de qualité et commercialisables est une priorité pour les producteurs canadiens, en particulier lorsqu’ils visent les marchés d’exportation. Comme on s’attend à ce que les fruits supportent plusieurs semaines de transport et de mise en rayon sans s’abîmer, la gestion des maladies devient un élément essentiel du succès commercial.

La pourriture brune est l’une des menaces les plus graves pour la production et la commercialisabilité des fruits à noyau, en particulier les pêches et les cerises. Cette maladie très destructrice peut faire pourrir les fruits directement sur les arbres, après la récolte et même pendant leur entreposage. C’est pourquoi il est si important que les producteurs la comprennent et sachent comment la gérer. Après tout, une gestion rigoureuse des maladies est votre meilleur outil pour réussir sur le marché.

Qu’est-ce que la pourriture brune?

La pourriture brune est une maladie fongique causée par le champignon Monilinia fructicola. Elle peut causer des dommages importants aux fruits, en particulier lors des saisons humides, et touche principalement les fruits à noyau, sur lesquels elle apparaît souvent vers la fin de la saison, juste avant la maturation ainsi que pendant et/ou après la récolte.

Les premiers symptômes de la pourriture brune comprennent la brûlure des fleurs et le dépérissement des pousses, tandis que les infections ultérieures peuvent se manifester sous forme de pourriture des fruits – tant sur l’arbre que pendant l’entreposage. Connaître tous les stades de la maladie peut vous aider à comprendre le risque d’infection auquel votre culture est exposée.

Voici trois signes distinctifs de la pourriture brune :

  1. Brûlure des fleurs – Les fleurs infectées se fanent, se ratatinent et se couvrent de moisissure grise. Les pétales peuvent prendre une couleur brun clair ou sembler gorgés d’eau, comme s’ils avaient été endommagés par le gel. Ces fleurs brûlées ne produisent pas de fruits, et plus la brûlure des fleurs est importante, plus le risque de pourriture des fruits est élevé, car les fleurs mortes peuvent rester sur la plante et libérer des spores qui infectent les fruits plus tard.
  2. Brûlure et chancre des rameaux – L’infection par la pourriture brune peut se propager aux rameaux (en particulier sur les pêchers et les abricotiers) et provoquer l’apparition de chancres ovales brunâtres, qui peuvent ceinturer et tuer les rameaux. Une gommose peut également apparaître sur les rameaux infectés.
  3. Pourriture des fruits – Les symptômes apparaissent sous forme de petites taches brunes, qui s’étendent rapidement jusqu’à ce que le fruit entier pourrisse. Des spores d’un brun grisâtre apparaissent également sur les zones pourries. Les fruits infectés se ratatinent, noircissent et peuvent soit tomber, soit rester sur l’arbre tout l’hiver. La pourriture brune peut être importante sur les fruits abîmés, comme les cerises fendues par la pluie, ou sur les fruits qui sont groupés et en contact les uns avec les autres. La pourriture brune peut également se propager après la récolte et entraîner de lourdes pertes. Les fruits mûrs peuvent pourrir en moins de 48 heures dans des conditions chaudes.


Quand apparaît la pourriture brune?

Une période prolongée de temps humide, en particulier pendant la floraison printanière, peut entraîner une infection généralisée des fleurs. Les périodes les plus à risque pour l’infection par la pourriture brune surviennent à partir de l’éclatement des collerettes jusqu’au durcissement du noyau (chute de juin), puis à nouveau lorsque les fruits commencent à changer de couleur.

Des conditions météos chaudes et tempérées (20 à 25 °C) sont également favorables à l’apparition de taches brunes.

Les producteurs devraient effectuer régulièrement un dépistage de la pourriture brune, en particulier tous les trois à cinq jours pendant la période précédant la récolte. La pourriture brune apparaîtra d’abord dans les zones proches des sources d’inoculum, par exemple les variétés à maturation précoce, les fruits momifiés sur l’arbre et les fruits présentant des blessures.

Quelles sont les conséquences d’une infection par la pourriture brune dans mon verger?

Quelle que soit la période de l’année, la pourriture brune est plus problématique pendant les saisons humides. Les spores produites sur les fleurs infectées constituent également une source d’inoculum pour les fruits en cours de maturation.

Dans des conditions propices, une récolte entière peut pourrir alors qu’elle est encore sur l’arbre. Bien que cela soit rare au Canada, la pourriture brune peut affecter les fruits qui ont été récoltés et entreposés, provoquant leur pourriture pendant le transport, sur les étagères ou dans les entrepôts. Ces pertes sont les plus coûteuses et les plus préjudiciables pour les Canadiens.

La maladie reviendra-t-elle l’année prochaine?

Le champignon responsable de la pourriture brune peut passer l’hiver dans les fruits momifiés, qu’ils soient tombés au sol ou encore sur l’arbre, ainsi que dans les chancres des rameaux et des branches. Les fruits momifiés laissés sur les arbres constituent la source la plus courante d’inoculum en début de saison dans les vergers canadiens. Ils produisent des spores, appelées conidies, qui causent l’infection.

Ces spores sont transportées par la pluie ventée et les éclaboussures de pluie vers les fleurs ouvertes ou non ouvertes et les jeunes pousses. Si une pellicule d’eau (provenant de la rosée ou de la pluie) est présente, les spores peuvent germer et pénétrer dans la plante, provoquant une infection. Le moment de l’infection varie et dépend de la température. En général, les températures plus chaudes accélèrent le taux d’infection. Par conséquent, la meilleure façon de devancer la maladie est de rester proactif en faisant du dépistage et en prenant des mesures préventives. Cliquez ici pour plus d’informations (en anglais uniquement) sur la germination des spores.

Comment gérer la pourriture brune ?

Comme la pourriture brune peut être difficile à maîtriser, il est important d’adopter une approche proactive. Un programme efficace de lutte antiparasitaire intégrée (LAI), comprenant des mesures culturales et chimiques, est nécessaire pour gérer la pression exercée par cette maladie.

Pratiques culturales
La première étape essentielle consiste à maintenir les vergers propres et exempts de contaminants, tels que les fruits ou les rameaux infectés. Il faut notamment élaguer afin d’éliminer et de détruire les fruits momifiés (fruits séchés restant sur l’arbre) et les rameaux atteints de chancre ou morts. Les fruits pourrissants doivent être retirés des arbres afin de réduire la source initiale d’infection. Les fruits tombés au sol doivent également être ramassés et détruits rapidement.

Enfin, les fruits récoltés doivent être refroidis afin de réduire le risque de germination des spores.

Options chimiques
L’utilisation de fongicides est un élément important d’un programme de lutte contre la pourriture brune, car ces produits peuvent fournir une couche de protection contre les spores transportées par le vent ou projetées par la pluie.

Syngenta propose plusieurs solutions fongicides pour aider à maîtriser la pourriture brune dans les vergers, notamment :

SolutionGroupe(s) de fongicidesCulture fruitière cibléeMoment habituel d’appl.
Bravo® ZNCMCerises, pêches et nectarinesDormance ou préfloraison
Captan LM04Abricots, cerises, pêches, nectarines, prunes et pruneauxPréfloraison
Miravis® Duo3 et 7Fruits à noyauPrérécolte
Scholar® 230SC12Cerises et fruits à noyauPostrécolte

Qu’en est-il de la résistance? Peu de groupes de fongicides agissent contre la pourriture brune, ce qui signifie que la résistance aux fongicides est un risque qu’il faut garder à l’esprit pour la gestion à long terme de cette maladie. Que pouvez-vous faire pour réduire le risque de résistance aux fongicides? En termes simples, alternez les fongicides appartenant à différents groupes unisites (comme les Groupes 3, 7 ou 12) et utilisez des produits multisites (Groupe M) dans le cadre du plan de rotation des produits phytosanitaires afin de séparer les groupes.

Même si cela semble compliqué, élaborer une stratégie efficace de gestion de la pourriture brune est simple lorsque vous bénéficiez du soutien adéquat. Contactez votre représentant Syngenta, votre fournisseur d’intrants agricoles ou votre agronome pour optimiser votre plan. 


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