Gérer les changements dans les populations de mauvaises herbes : la vergerette du Canada et l’amarante rugueuse
9 juin 2021

Au cours de la dernière décennie, les producteurs de soya de l’Ontario ont assisté à un changement énorme dans le spectre des mauvaises herbes. La vergerette du Canada, une mauvaise herbe qui n’était pas sur le radar avant 2010, est maintenant la principale mauvaise herbe problématique dans cette province, et l’amarante rugueuse est sur le point de prendre la tête du classement. Dans les deux cas, la résistance au glyphosate (Groupe 9) est à l’origine de ce problème changeant en matière de désherbage.
En 2010, la vergerette du Canada résistante au glyphosate (RG) a été découverte dans le comté d’Essex, et il n’a fallu que six saisons pour que cette mauvaise herbe se propage dans tout l’Ontario. En 2020, la présence de la vergerette du Canada RG a été confirmée dans 30 comtés. Bien que les graines d’amarante rugueuse ne soient pas dispersées par le vent, l’amarante rugueuse RG continue de se propager rapidement. Depuis le premier cas de RG découvert en 2014, elle a été détectée en 2020 dans 14 comtés différents de l’Ontario, et dans plus de la moitié de ces comtés, elle présente une résistance à quatre modes d’action!
Heureusement, nous avons à notre disposition des outils permettant de gérer ces mauvaises herbes difficiles grâce à de multiples modes d’action efficaces, qui peuvent inclure les herbicides, le travail du sol et d’autres pratiques agronomiques, comme l’espacement des rangs, les cultures de couverture et la rotation culturale. Il est important de faire vos propres recherches pour comprendre quelles pratiques de gestion conviennent à votre exploitation, ou de demander l’aide de votre agronome local.
Gérer les résistances multiples
Les producteurs doivent savoir que toute mauvaise herbe résistante au glyphosate a également une forte probabilité de présenter une résistance à d’autres modes d’action ou de devenir résistante à plusieurs modes d’action dans un avenir immédiat. C’est ce qui s’est produit avec la vergerette du Canada et l’amarante rugueuse. Il est utile de comprendre la biologie de ces deux mauvaises herbes, en particulier leurs schémas de germination.
La vergerette du Canada est à la fois une annuelle et une annuelle hivernante. Certaines graines germent à l’automne, de sorte que vous risquez d’avoir affaire à de très grosses mauvaises herbes dès le début du printemps. D’autres graines germent au printemps. La germination estivale est peu fréquente si le couvert végétal de votre culture se ferme rapidement. L’amarante rugueuse est très différente, car elle peut germer et germera toute la saison. Cela rend ces mauvaises herbes beaucoup plus difficiles à maîtriser que bien d’autres mauvaises herbes annuelles ou annuelles hivernantes.
Il est crucial de maîtriser ces mauvaises herbes et de viser le plus haut niveau de désherbage. Traitez tôt à l’aide d’un herbicide résiduel de prélevée comme Boundary® LQD pour le soya, afin de débuter avec un champ propre et qui restera propre. Ce point est particulièrement important, car le nombre d’options de postlevée est limité pour ces deux types de mauvaises herbes dans le soya.
La tenue de registres est cruciale
Les activités de dépistage jouent également un rôle clé. Pour la vergerette du Canada, elles commencent à l’automne.
Les mauvaises herbes sont plus faciles à maîtriser quand elles sont petites. S’il vous est possible de supprimer la vergerette du Canada à l’automne, votre taux de réussite sera plus élevé que si vous comptez sur le travail du sol ou sur votre programme herbicide au printemps, lorsque les mauvaises herbes sont grosses et bien établies. Par ailleurs, quand vous faites du dépistage au début du printemps, il est important de connaître les mauvaises herbes ou les familles de mauvaises herbes susceptibles d’acquérir une résistance au glyphosate. Lorsque vous voyez ces mauvaises herbes dans le champ, vous devez les gérer comme si elles étaient résistantes au glyphosate, notamment en recourant à des modes d’action multiples pour les supprimer.
Une bonne tenue de registres est indispensable et cruciale. Vous devez noter quelles espèces de mauvaises herbes sont présentes dans le champ et quels programmes herbicides sont utilisés, afin de pouvoir faire un suivi des modes d’action. Cela permet d’assurer que vous ciblez ces mauvaises herbes chaque année avec plusieurs modes d’action.
Il est important que les producteurs diversifient leurs rotations tant de cultures que d’herbicides. En Ontario, cela commence par un élargissement des rotations, afin d’y inclure le maïs, le soya et le blé. Les fourrages et autres cultures peuvent ajouter encore plus de diversité. Parmi les autres recommandations figurent : alterner les modes d’action des herbicides; recourir à plusieurs modes d’action; veiller à ce que les doses complètes soient utilisées pour tuer les mauvaises herbes; et viser une excellente maîtrise des mauvaises herbes afin d’assurer que celles qui sont potentiellement résistantes ne montent pas en graine dans votre champ.
Options de gestion avec des herbicides
Chaque fois que les producteurs utilisent un herbicide de brûlage, ils doivent ajouter dans le réservoir un deuxième mode d’action efficace. Il en va de même pour les applications de postlevée. On ne doit pas compter uniquement sur le glyphosate. Il est important d’ajouter un autre herbicide ayant un mode d’action différent pour lutter contre les mauvaises herbes présentes.
En ce qui concerne les mélanges en réservoir, Syngenta offre plusieurs options efficaces pour lutter contre les mauvaises herbes résistantes aux herbicides. Dans le soya, Boundary LQD est une excellente option pour maîtriser l’amarante rugueuse résistante au glyphosate lorsqu’il est appliqué en prélevée sur les variétés conventionnelles ou dotées de caractères technologiques. Reflex® permet également une bonne suppression en postlevée des petits plants d’amarante rugueuse là où la résistance au Groupe 14 n’a pas encore été détectée. Si vous avez affaire à de l’amarante rugueuse résistante à quatre modes d’action, les seules options de postlevée sont le glufosinate (Liberty®) et le 2,4-D choline (Enlist DuoMC ou EnlistMC 1) dans le soya Enlist E3MC, ou Tavium® avec technologie VaporGripMD jusqu’à la deuxième feuille trifoliée (ou d’autres produits à base de dicamba) dans le soya Roundup Ready 2 XtendMD.
Dans la lutte contre la vergerette du Canada, on peut employer Boundary LQD en association avec Eragon® et RoundupMD pour assurer un excellent brûlage. Une combinaison de Tavium avec technologie VaporGripMD et de RoundupMD offre également de la flexibilité, en permettant une application en présemis/prélevée et en postlevée jusqu’à V2 pour supprimer la vergerette du Canada dans le soya Roundup Ready 2 XtendMD.
Tests de détection de la résistance
Les taux de semis, l’espacement des rangs et les cultures de couverture peuvent également jouer un rôle dans la lutte contre la résistance aux herbicides. Il est important que les producteurs soient à l’affût des signes de résistance. Parmi ceux-ci : des plaques de mauvaises herbes non éliminées après la pulvérisation; des mauvaises herbes vivantes à côté de mauvaises herbes mortes de la même espèce après la pulvérisation; une baisse notable des niveaux de suppression des mauvaises herbes au cours des dernières années; ou une résistance confirmée aux herbicides dans les champs, les fermes ou les fossés à proximité.
S’ils suspectent une résistance, les producteurs peuvent effectuer des tests visant à dépister les mauvaises herbes résistantes aux herbicides. Mike Cowbrough, spécialiste des mauvaises herbes au ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario, explique que la clé de la collecte d’échantillons consiste à obtenir le plus de graines possible de la mauvaise herbe soupçonnée de résistance et à s’assurer de prélever un échantillon représentatif dans l’ensemble du champ. Cowbrough offre des conseils dans cette vidéo (en anglais seulement).
Bayer est membre du groupe Excellence Through StewardshipMD (ETS). Les produits de Bayer sont commercialisés conformément aux normes de mise en marché responsable de l’ETS et à la politique de Bayer pour la commercialisation des produits végétaux issus de la biotechnologie dans les cultures de base. L’importation de ces produits a été approuvée dans les principaux marchés d’exportation dotés de systèmes de réglementation compétents. Toute récolte ou matière obtenue à partir de ces produits ne peut être exportée, utilisée, transformée ou vendue que dans les pays où toutes les approbations réglementaires nécessaires ont été accordées. Il est illégal, en vertu des lois nationales et internationales, d’exporter des produits contenant des caractères issus de la biotechnologie dans un pays où l’importation de telles marchandises n’est pas permise. Les producteurs devraient communiquer avec leur négociant en grains ou acheteur de produits pour confirmer la politique de ces derniers relativement à l’achat de ces produits. Excellence Through StewardshipMD est une marque déposée de Excellence Through Stewardship.
Toujours lire l’étiquette et s’y conformer. La technologie Roundup ReadyMD 2 comporte des gènes qui procurent une tolérance au glyphosate. Les variétés de soya Roundup Ready 2 XtendMD possèdent des gènes qui leur confèrent une tolérance au glyphosate et au dicamba. Le glyphosate détruira les cultures qui ne tolèrent pas le glyphosate. Le dicamba détruira les cultures qui ne tolèrent pas le dicamba. Roundup Ready 2 XtendMD, Roundup ReadyMD et VaporGripMD sont des marques déposées du Groupe Bayer. Titulaire de licence : Monsanto Canada ULC. © 2021 Groupe Bayer. Tous droits réservés. Boundary®, Reflex® et Tavium® sont des marques de commerce d’une société du groupe Syngenta. Les autres marques de commerce sont la propriété de leurs titulaires respectifs. © 2021 Syngenta.
La lignée transgénique de soya Enlist E3MC a été mise au point et est détenue conjointement par Dow AgroSciences LLC et M.S. Technologies LLC. EnlistMD et Enlist E3MC sont des marques de commerce de Dow AgroSciences LLC.